Insuline – Leptine – Ghréline
Fonctions, implications métaboliques et leviers nutritionnels
La prise et la perte de poids ne relèvent pas uniquement d’un simple calcul calorique. Elles sont avant tout le reflet d’un équilibre hormonal complexe, influencé par l’alimentation, le rythme de vie, le stress, le sommeil et l’inflammation.
Parmi les hormones centrales de cette régulation, l’insuline, la leptine et la ghréline jouent un rôle déterminant.
1. L’insuline
Hormone du stockage et de la régulation glycémique
Fonction principale
L’insuline est sécrétée par le pancréas en réponse à une élévation de la glycémie.
Son rôle est de :
Permettre l’entrée du glucose dans les cellules Favoriser le stockage de l’énergie (glycogène et graisses) Inhiber la lipolyse (déstockage des graisses)
Implications en cas de dérèglement
Hyperinsulinémie chronique → stockage facilité des graisses Résistance à l’insuline → fatigue, fringales, hypoglycémies réactionnelles Difficulté à perdre du poids malgré des efforts alimentaires Terrain favorable au pré-diabète et diabète de type 2
Alimentation et micronutrition pour la stabiliser
Objectif : réduire les pics glycémiques et améliorer la sensibilité à l’insuline
Prioriser :
Glucides à index glycémique bas à modéré Protéines suffisantes à chaque repas Fibres (légumes cuits, légumineuses bien tolérées) Bonnes graisses (oméga-3, huile d’olive)
Limiter :
Sucres rapides et produits ultra-transformés Grignotages fréquents Excès de glucides isolés sans protéines
Micronutriments clés :
Magnésium Chrome Zinc Vitamine D Oméga-3
2. La leptine
Hormone de la satiété et du signal énergétique
Fonction principale
Produite par le tissu adipeux, la leptine informe le cerveau des réserves énergétiques disponibles.
Elle permet de :
Réduire l’appétit Augmenter la dépense énergétique Réguler le poids sur le long terme
Implications en cas de dérèglement
Chez de nombreuses personnes en surpoids, on observe une résistance à la leptine :
Le cerveau ne “reçoit plus” le signal de satiété Sensation de faim persistante Ralentissement métabolique Plateaux de perte de poids répétés
Ce n’est pas un manque de leptine, mais une perte de sensibilité à son signal.
Alimentation et hygiène de vie pour améliorer la sensibilité à la leptine
Favoriser :
Repas structurés et rassasiants Apport protéique suffisant Sommeil de qualité (fondamental) Activité physique régulière mais non excessive
Éviter :
Restriction calorique sévère et prolongée Régimes yo-yo Manque de sommeil Inflammation chronique
Micronutriments et facteurs clés :
Oméga-3 Zinc Vitamine D Réduction du stress oxydatif et inflammatoire
3. La ghréline
Hormone de la faim
Fonction principale
Produite principalement par l’estomac, la ghréline :
Stimule l’appétit Augmente avant les repas Diminue après une prise alimentaire adaptée
Implications en cas de dérèglement
Taux élevés → faim fréquente, envies incontrôlées Augmente lors des régimes restrictifs Favorise la reprise de poids après amaigrissement
Alimentation pour réguler la ghréline
Clés nutritionnelles :
Repas réguliers Protéines de qualité (effet coupe-faim durable) Fibres bien tolérées Graisses satiétogènes
Facteurs aggravants :
Sauter des repas
Manque de sommeil
Stress chronique
Alimentation pauvre en protéines
Nutriments impliqués :
Protéines Magnésium Vitamines du groupe B
Examens et analyses médicales possibles en Suisse
(à demander via le médecin traitant)
Pour l’insuline et la glycémie
Glycémie à jeun Insulinémie à jeun HOMA-IR (calcul de la résistance à l’insuline) HbA1c Profil lipidique complet
Pour la leptine
Dosage sanguin de la leptine (non systématique, mais possible en médecine fonctionnelle ou spécialisée)
Pour la ghréline
Rarement dosée en pratique courante
Son évaluation est surtout clinique (faim, comportement alimentaire, rythme des repas)
Bilan complémentaire pertinent
TSH, T3, T4 (fonction thyroïdienne)
CRP ultrasensible (inflammation)
Vitamine D
Ferritine
Magnésium (plasmatique ou intra-érythrocytaire)
Zinc
Bilan hépatique
En conclusion
La régulation du poids repose sur une approche globale, individualisée et respectueuse de la physiologie hormonale.
Agir sur l’insuline, la leptine et la ghréline par l’alimentation, la micronutrition et l’hygiène de vie permet non seulement de favoriser une perte de poids durable, mais aussi d’améliorer l’énergie, la relation à la nourriture et la santé métabolique globale.
















